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La LEN à la loupe

(GIF) Malgré les pétitions et la mobilisation de nombreuses associations la loi sur la confiance en l’économie numérique (LEN) a été définitivement adoptée par le Parlement le 13 mai dernier. Qualifiée de liberticides par les collectifs d’internautes, ses dispositions sont particulièrement difficiles à comprendre pour les novices. Antoine Waeles, webmaster chez Fr@terNet revient pour nous sur quelques points importants.

Médi@ssos’MAG : « Qu’est ce que la LEN ? »

Antoine Waeles : « La LEN (Loi sur l’Economie Numérique) a pour but annoncé de developper le commerce sur internet, de donner confiance dans l’internet français. Elle doit instaurer la « République numérique ».

Médi@ssos’MAG : « Quelles sont les principales dispositions de cette loi ? »

A.W : « - La limitation de la responsabilité civile des hébergeurs, si ceux ci retirent rapidement tout contenu (textes, images, sons...) qui semblerait illicite,
-  Filtrage de sites dont le contenu serait considéré comme illégal par des juges ,
-  Surveillance de contenus illicites ( images pédophiles, négation de crime contre l’humanité, incitations à la haine raciale) en vue d’en prévenir la diffusion,
-  Autorisation du spam à destination de personnes physiques et morales inscrites au Registre du Commerce et des Sociétés.

Médi@ssos’MAG : La ligue Odebi (Association de défense des internautes haut débit) déclare cette loi anti-démocratique. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?

A.W :Divers points de la LEN peuvent être considérés comme anti-démocratiques, mais là n’est pas le seul problème. Commençons par la limitation de la responsabilité civile des hébergeurs si ceux-ci retirent rapidement les contenus qui leur auront été désigné comme « illégaux » par une tierce personne. Cette disposition incitera les hébergeurs à censurer tout contenu « suspect » dès qu’un tiers leur en fera part, afin d’éviter des poursuites juridiques qui pourraient leur coûter beaucoup d’argent. Si le contenu incriminé n’est pas illégal, c’est alors à « l’accusé » (la personne ayant mis ce contenu à la disposition du public sur internet) de prouver son innocence, ce qui est contraire à la présomption d’innocence, et donc à la démocratie. Le filtrage de sites est une première dans un pays démocratique, la justice décide pour nous ce que nous avons le droit de voir et d’entendre...

Médi@ssos’MAG : Quels effets cette loi a-telle sur les activités de Fr@terNet ?

A.W :Fr@ternet a arreté son service de forums, car la surveillance de ceux-ci est tout bonnement impossible - elle demande trop de temps. Le problème de cette loi, c’est que certaines de ses dispositions sont impossibles à mettre en œuvre, comme la surveillance de contenus illicites. Pour determiner la présence de tel contenus, il faut effectuer une surveillance générale, ce qui est difficile voire impossible à faire pour de petites structures comme Fr@ternet.