Irene Frimanslund est une norvégienne de 20 ans. Elle vient de passer 9 mois (du 15 octobre au 10 juillet) à Lille (France) en tant que volontaire au sein de l’association Unis-Cité Nord Pas-de-Calais. Nous l’avons rencontrée pour vous !
Le Petit Fr@terNet Solidaire : Pour toi, Irène, le volontariat, c’est quoi ?
Irene : C’est assez difficile de répondre à cette question car pour moi le volontariat « c’est beaucoup des choses ».
Avant de devenir volontaire et de m’impliquer dans la vie associative, je croyais que le volontariat, c’était un truc facile à faire, une courte pause avant de reprendre mes études. Je souhaiter aider, me rendre utile mais je n’avais pas réfléchi plus sur le volontariat. Je voulais apprendre le francais et le reste je ne savais pas vraiment.
En fait, lors de mon séjour en France, j’ai trouvé que ce n’était pas aussi facile que ce que j’avais imaginé avant de partir. Le plus dur a été de s’initier à la langue française et ça cela n’a pas été du tout "evident". Parfois j’étais super-frustrée et « j’en avais marre de l’association, de la France et tout, mais en contrepartie il y en avait également des périodes où tout allait pour le mieux, et j’étais vraiment contente.
Maintenant, après le volontariat, je pense que c’était vraiment très enrichissant de partir. Les périodes difficiles se révélaient très importantes pour notre apprentissage, elles nous permettaient de nous améliorer etc... Et j’ai vraiment beaucoup appris de ce temps.
Le volontariat est un échange permanent entre le volontaire et les autres. C’est enrichissant pour les autres, mais aussi pour toi-même. C’est peut-être ce que je retiens en premier du bénévolat. « Comment je vais réagir dans telle ou telle situation et pourquoi... » .
En fait, je peux dire que le volontariat c’est un mélange de ces trois étapes : avant, pendant, après : c’est pour aider, partager ..., ce n’est pas toujours facile, et ça apporte beaucoup au volontaire.
Le Petit Fr@terNet Solidaire : Comment s’est déroulé ton séjour ?
Irene : Je suis restée en France du 15 octobre 2001 au 10 juillet 2002 (9 mois). Comme je l’ai déjà dit il y en avait des périodes positives, et d’autres assez difficiles. Mais c’était super ! Je pense que le plus difficile était le début car on connaissait personne, et on ne maîtrisait pas encore vraiment la langue.
Mais après les vacances de Noël, c’était beaucoup mieux et après janvier les mois se sont passés très vite. En fait, chez Unis Cité, nous sommes réunis par groupes. Les volontaires viennent de milieux très différents, ainsi a t-il fallu beaucoup discuter, et parfois, on ne parvient que difficilement à s’accorder. C’est très dur. Chacun de nous avait sa propre idée sur la manière de résoudre un problème. Il faut avoir beaucoup de respect envers les autres, être patient mais aussi être très ouvert. Cela dit il y en a des jours où on a perdu beaucoup de temps pour discuter de petits choses ! et des jours où tout marchait bien et pendant lesquels on travaillait beaucoup mieux. C’est très important de savoir travailler en équipe !
Le Petit Fr@terNet Solidaire : Comment as tu connu Unis-cité Nord Pas-de-Calais ?
Irene : C’est grâce à l’association que je connaissais ici en Norvège. Mon contcat m’a proposé de m’engager comme volontaire chez Unis-Cité Paris, et j’avais dit "oui". Cependant à cause du nombre de places limitées, ils m’ont recommandé de m’engager chez Unis-cité Nord Pas-de-Calais.
Le Petit Fr@terNet Solidaire : Pourquoi as-tu eu envie de devenir volontaire ?
Irene : Après mon bac, j’en avais marre de l’école, et je ne voulais pas enchaîner une nouvelle année d’études. Beaucoup de mes amis ont choisi d’arrêter les études pendant un an pour travailler. Moi je souhaitais plus que de gagner de l’argent. Là, j’ai entendu parler du Service Volontaire Europeen (SVE), et ça m’a tenté. C’était un truc vraiment différent, je pourrais enfin aller en France avec d’autres jeunes, pour faire un truc important.
Le Petit Fr@terNet Solidaire : Sur quel projets as-tu travaillé ?
Irene : J’ai fait des différents projets comme la Fête de l’hiver (Bois Blancs/Vauban), un projet pour Emmaüs (Wambrechies/ St. André), un questionnaire jeunes (Maison de Quartier Vieux-Lille), un projet pour la Ressourcerie de Roubaix, la Fête du jeu (Valenciennes) ou encore sur la journée du volontariat (Lille).
Et oui j’ai appris beaucoup. Parfois aussi, c’est difficile de travailler pour un projet que l’on aimait vraiment pas. Mais j’ai aussi appris des choses que je ne pensais pas apprendre avec Unis-Cité par exemple « comment postuler pour un travail ou comment créer un site web » .... Je ne pourrais pas dire en détail tout ce que j’ai appris, mais c’est beaucoup plus que ce que je pensais avant de m’engager. Je ne pensais pas non plus être en contact avec autant de personne en dehors de l’association.
Le Petit Fr@terNet Solidaire : Et le projet que tu as aimé le plus ?
Irene : La Fête du jeu de Valenciennes organisée par la ludothèque. En fait, j’aime beaucoup ce type de projets (décorations ...) et j’aime beaucoup jouer ! Le travail en groupe s’est vraiment bien passé, nous avions déjà travaillé ensemble sur le projet de la ressourcerie. L’ambiance était très bonne entre nous.
Par ailleurs, j’ai travaillé pendant deux semaines sur l’élaboration du site web d’Unis-Cité Nord-Pas-de-Calais, c’était super marrant et très intéressant. Je ne pensais pas que cela allait m’intéresser autant ! j’ai trouvé cela tellement bien que je pense même faire des études en web design ...
Le Petit Fr@terNet Solidaire : Au niveau matériel, comment cela s’est-il passé ?
Irene : J’étais un volontaire europénne, cela signifie que c’est l’union Européenne qui m’a prise ne charge. Elle donnait de l’argent à Unis-Cité qui s’est chargée de nous trouver un appartement.
Par contre, quand il s’agit de volontaires français l’association n’est pas obligée de leur trouver de logement. L’Union européenne a financé mon trajet aller - retour France / Norvège (sauf pour les vacances)
L’association participe également aux frais de transport : chaque volontaire avait une carte blanche ainsi qu’un ticket valable pendant un mois pour le metro, bus, tram etc ...
Et après on avait 390 euros par mois pour la nourriture, les factures, et l’argent de poche ! C’était pas mal quand on avait pas des factures à payer.
Le Petit Fr@terNet Solidaire : Nous étions les premiers volontaires à Lille.
Irene : En ce qui concerne l’appartement, nous avons refait la déco (tapisserie, peinture ...). Nous habitions à trois mais nous ne disposions que de deux chambres donc l’une de nous dormait dans le salon.
Le Petit Fr@terNet Solidaire : Et si c’était à refaire ... ?
Irene : Je le referais sans aucune hésitation. Tout ce que je peux dire à ceux qui ne l’ont pas encore fais : "FAITES-LE"....J’ai rencontré tant de gens qui viennent de partout en Europe. Et j’ai appris des choses que je n’aurais jamais apprises ailleurs. Cela m’a apporté beaucoup de choses.
Le Petit Fr@terNet Solidaire : Et là maintenant que comptes tu faire ?
Irene : Maintenant je commence mes études. J’ai envie de partir un an en Australie. Je vais voyager pour rencontrer des gens et pour voir des autres pays. Et bien sûr, je reviendrais en France.